Les aliments ultra-transformés

Préambule

Avez-vous déjà vu pousser dans des champs des cannettes de soda ou des bonbons ? Ou cueilli un paquet de céréales du petit déjeuner dans votre jardin ? Non ? Sûrement pas. On voit rarement des bêtes sauvages se nourrir de lait chocolaté, de pain au lait ou de chips de pommes de terre sans un intermédiaire humain car ces aliments ne sont pas issus de la nature.

Lorsqu’on inspecte les rayons des supermarchés on retrouve nombreux aliments empaquetés avec des listes d’ingrédients à rallonge et une date limite de consommation à respecter. Des aliments qui ont été créé par l’industrie agro-alimentaire, c’est-à-dire créé par l’homme, pour l’homme.

A partir d’un seul aliment brut, nous pouvons faire tellement de choses. Prenons le maïs comme exemple, on commence avec un épi de maïs, on peut en faire du maïs en conserve, de la farine de maïs, de la fécule de maïs et pourquoi pas extraire du sirop de glucose-fructose à partir de l’amidon de maïs ?  

Grâce à l’industrie alimentaire nous avons pu créer une telle diversité de produits que Cro-Magnon n’aurait pas pu imaginer dans ses rêves les plus fous. En soit, c’est assez magique d’être passé du chasseur cueilleur au consommateur de grande distribution avec tout aliment disponible à tout moment.

Cependant, avec cette industrialisation vient un grand coût, notamment sur notre santé. Nous avons créé des aliments gras, sucrés et salés à bas coût disponibles à toute heure pour lesquelles nous n’avons pas été conçu pour manger.

Aliments bruts, transformés, ultra-transformés – comment les distinguer ?

Les messages publics en nutrition se basent essentiellement sur les familles d’aliment sans pour autant prendre en considération leurs degrés de transformation ni comment ils impactent notre santé. L’université de Sao Paolo a effectué des travaux à ce sujet a proposé de classifier les aliments en groupe selon leur degré de transformation. Selon eux, il existe trois groupes d’aliments.

Groupe I : Aliments bruts ou peu transformés

Les fibres

Des aliments simples : fruits, légumes, céréales (riz, blé, maïs etc.), légumes secs, noix et amandes non-salés, laits, lait fermenté, viandes et volailles.

Le peu de « transformations » que subissent ces aliments sont purement à visé sanitaire ou praticité, par exemple, les salades en sachet, ce procédé altère très peu le produit de base. Certains de ces aliments sont lavés ou bien décortiqués pour être consommés plus simplement.

 

Groupe II : Les ingrédients culinaires ou de l’industrie

Les fibres

Ils sont dérivés des aliments de groupe 1, on y retrouve : huiles végétales, beurre, margarine, crème, farines, sucre, sel, pâtes sèches. Des aliments qui ne sont pas souvent consommés comme tel mais utilisés dans les préparations soit culinaires (à la maison ou en restaurant) ou industrielles.

On y trouve aussi les additifs alimentaires ainsi que des extraits d’aliments dont le lactose, le gluten, le sirop de glucose-fructose et les protéines de soja ou de lait.

 

Groupe III : Produits transformés et ultra transformés

Les fibres

Ceci est un mélange des deux groupes précédents qui permet de confectionner des aliments prêts à l’emploi qui possèdent des longues durées de conservation. Les produits bruts initialement utilisés sont méconnaissables et leur qualité, notamment nutritionnelle, est souvent altérée.

On y retrouve : les biscuits, chips, biscottes, barres de céréales, céréales du petit déjeuner, pains, les aliments en conserve (fruits au sirop, légumes et autres aliments en saumure, poissons à l’huile etc.), plats préparés, préparations surgelés, soupes déshydratés ou en brique, viandes et poissons fumés, salés ou transformés (nuggets, saucisses, charcuteries, bâtonnets de poisson etc.), condiments, chocolats, sodas, laits aromatisés et sucrés, bonbons, laits infantiles, nourritures pour bébés etc.

Enfin, la liste est longue !

 

Quels dangers dans l’ultra-transformé ?

La part de produits ultra-transformés dans notre alimentation est de plus en plus importante. En vue de leur praticité et leur goûts palatables, ces aliments nous sont très attractifs. Cependant, ils sont denses en énergie et comportent des calories vides de nutriments essentiels. 

De ce fait, ils augmentent l’incidence de maladies de la nutrition dont l’obésité et le diabète de type 2. Les aliments du groupe 3 sont souvent riches en graisses (surtout saturées ou avec des traces d’acides gras trans), en sucre, en sel mais aussi en additifs alimentaires. L’ensemble de ces facteurs ont des incidences sur le risque de cancer. En résumé, plus on consomme des aliments ultra-transformés, plus notre risque de cancer est important.

Que faire ?

Les aliments ultra-transformés ne sont pas forcément à bannir mais leur proportion dans votre alimentation est à prendre en compte et possiblement à revoir. Observez votre panier de courses et évaluez combien d’aliments du groupe 3 vous y retrouvez. Ensuite, regardez s’il n’y a pas une façon plus naturelle de consommer ces aliments ou préparations.

Privilégier les aliments peu transformés et les préparations maison c’est penser à sa santé sur la durée. Ce sont des nouvelles habitudes à prendre qui paieront à terme. Considérez que les produits ultra-transformés sont à limiter ou vraiment pour dépanner. Si vous aimez le gâteaux, pizzas, frites, fast-foods essayez de les recréer chez vous avec des meilleures matières premières et privilégiez la qualité à la quantité.

Sources :

https://presse.inserm.fr/consommation-daliments-ultra-transformes-et-risque-de-cancer/30645/

https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/consommation-les-produits-ultra-transformes-sont-ils-dangereux_2613690.html

https://observatoire-des-aliments.fr/qualite/produits-ultra-transformes-lanti-nutrition

http://www.nouvelobs.com/videos/vrsppm.DGT/cereales-barres-chocolatees-les-aliments-ultra-transformes-nous-tuent-alerte-anthony-fardet.html

http://www.extenso.org/documents/files/lien-entre-aliments-transformes-et-sante-final.pdf

 

Monteiro, C. A., Levy, R. B., Claro, R. M., Castro, I. R. R. D., & Cannon, G. (2010). A new classification of foods based on the extent and purpose of their processing. Cadernos de saude publica, 26(11), 2039-2049.

Monteiro, C. A., Cannon, G., Moubarac, J. C., Levy, R. B., Louzada, M. L. C., & Jaime, P. C. (2018). The UN Decade of Nutrition, the NOVA food classification and the trouble with ultra-processing. Public health nutrition, 21(1), 5-17.